- Albert Camus est né en Algérie dans un milieu très simple. Il est descendant de pieds-noirs, c'est-à-dire les premiers colons d'origine européenne qui se sont installés en Algérie après sa colonisation en 1834.
- Son père meurt en 1914 après avoir été mobilisé puis blessé pendant la première guerre mondiale et sa mère, qui ne sait ni lire ni écrire, habitera jusqu'à sa mort à Alger.
- Essayiste, journaliste, philosophe, dramaturge, romancier qui obtient le Prix Nobel de littérature en 1957, Camus développe dans ses différentes oeuvres sa philosophie de l'absurde et de l'homme révolté. Une philosophie, proche de l'existentialisme de Sartre mais qui s'en détache aussi par un certain cynisme.
- L'existentialisme est finalement une extension de la formule cartésienne, "Je pense donc je suis". L'homme prend conscience de son existence, de l'importance de ses actions et de leurs conséquences, capables d'altérer le cours de sa vie selon sa volonté.
- Chez Camus, il y a aussi une prise de conscience de l'existence, mais elle est plus cynique. Ce dont se rend compte l'homme, c'est l'absurdité de la vie et ses injustices. La révolte est donc la seule réponse possible face à l'absurde, elle seule peut conduire à l'action et donner un sens à la vie comme à la mort.
- L'Étranger, publié en 1942 présente une ébauche et une illustration de cette philosophie. Meursault, le protagoniste, prend justement conscience (ou a déjà pris conscience) de l'absurdité de la/sa vie. Son détachement face aux conséquences de ses actions et sa volonté de vivre au moment présent le poussent, alors qu'il est en prison et attend d'être exécuté, à finalement se révolter symboliquement contre, au moins, le prêtre qui veut l'aider à affronter la mort. Les dernières pages du roman illustre la transformation opérée par la révolte, chez Meursault qui peut enfin affronter sa mort dignement.
- Meursault refuse de jouer le jeu de la société, il refuse de mentir. Son honnêteté, interprétée comme un détachement affectif, sera justement perçue comme la marque de son étrangeté et de sa nécessaire décapitation aux yeux du tribunal et donc de la société.
RÉSUMÉ DE L'ÉTRANGER
Meursault, narrateur et protagoniste, raconte à la première personne et au passé les événements qui vont mener à sa condamnation. Le roman est divisé en deux parties. Dans la première partie, Meursault apprend par télégramme la mort de sa mère, il se rend donc à l'asile pour veiller le corps de sa mère puis assister le lendemain à l'enterrement. Il ne pleure pas et ne veut pas simuler une tristesse qu'il ne ressent pas vraiment. Le lendemain de l'enterrement, Meursault va à la plage et rencontre une ancienne collègue, Marie, avec qui il ira au cinéma voir un film comique un peu plus tard: une relation commence entre Marie et Meursault.
Le voisin de Meursault est un proxénète, Raymond, et confie à Meursault qu'il a des problèmes avec le frère d'une de ses prostitués qu'il a maltraitée. Invités (avec Marie qui lui demandera de l'épouser ce jour-là) à passer la journée à la plage dans la maison de Raymond, Meursault est témoin d'un affrontement entre un "Arabe", le frère de la prostitué et Raymond qui est blessé au visage par le couteau de l'Arabe. Pour que Raymond ne tue pas par vengeance l'Arabe, Meursault arrive à le convaincre de lui donner son pistolet. Plus tard, sous un soleil accablant, Meursault rencontrera à nouveau l'Arabe sur la plage et le tuera d'une balle. Sans raison particulière, il tire quatre autres coups de feu sur le corps.
Dans la deuxième partie, Meursault est arrêté et questionné. Pendant son procès, son détachement lors de l'enterrement de sa mère est souvent questionné. Il se sent exclu de son propre procès. N'exprimant pas vraiment de remords, il expliquera que c'est à cause du soleil qu'il a tiré. Il est condamné à la guillotine. Pendant qu'il attend sa mort, un prêtre vient essayer de prier pour lui. Cela déclenche une colère énorme chez Meursault qui retrouvera après le départ de l'homme d'Eglise, la paix et le calme pour affronter avec dignité sa mort.
LES PREMIÈRES PAGES
EXTRAIT Nº 1:
"Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas."
Les premières pages lues par Camus
MARIE CARDONA
EXTRAIT Nº 2
"Vers la fin de la séance, je l'ai embrassée, mais mal."
Contexte
Début du chapitre 2. Le lendemain de l'enterrement, Meursault se rend à la plage et rencontre Marie Cardona, une ancienne connaissance de travail. Ils passent la journée et une partie de la nuit ensemble.
Le début du chapitre 2 lu par Camus
LA SCÈNE DU MEURTRE
EXTRAIT Nº 3
"J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux."
Contexte
Après que Raymond a été blessé au visage par l'Arabe, Meursault, qui avait pris à Raymond son revolver pour qu'il ne puisse justement pas s'en servir, reste un peu plus longtemps sur la plage sous un soleil de plomb. Il croise, par hasard, l'Arabe et le tue.
La fin du chapitre 6 lue par Camus
"Je ne regrettais pas beaucoup mon acte."
Contexte
Le procureur essaye de convaincre les jurés que Meursault est un homme intelligent mais incapable de ressentir des émotions humaines.
LES DERNIÈRES PAGES
EXTRAIT Nº 5
"J'ai senti que j'avais été heureux, et que je l'étais encore."
Contexte
Après sa sortie violente et révoltée contre l'aumônier qui souhaitait prier pour lui, Meursault trouve la sérénité et se sent heureux malgré l'approche de la mort qu'il envisage avec une lucidité teintée de cynisme.